Musée Tuol Sleng: une visite qui s’impose à Phnom Penh
Cambodge

Musée Tuol Sleng: une visite qui s’impose à Phnom Penh

Voilà un sujet à la fois choquant et émouvant que je souhaite évoquer sur le blog. En tant que cambodgienne d’origine, il m’a semblé important de vous faire part de ma visite du musée Tuol Sleng à Phnom Penh.
En tant que blogueuse, il est de ma responsabilité morale d’informer les lecteurs de certains lieux moins « excitants » mais prenants par leur histoire. Cette histoire doit être transmise à toutes les personnes qui souhaitent connaitre et découvrir une partie sombre du Cambodge mais aussi aux générations futures.

Si vous souhaitez mieux comprendre le Cambodge vous pouvez visiter le musée mais aussi vous contentez d’une pré-visite dans cet article. Le but étant de ne pas raconter l’histoire entière du musée mais d’échanger sur vos avis.

Origines de Tuol Sleng

Le musée Tuol Sleng (signifie colline empoisonnée), ou S-21 (Sécurité 21) est le nom que l’on a donné à cet ancien lycée.
Entre 1975 et 1979, les khmers rouges avaient transformé ce lycée en centre de détention, de torture et d’exécution.

Qui sont les khmers rouges?

Chambre de torture Tuol Sleng
Chambre de torture Tuol Sleng

Les khmers rouges étaient les membres d’une organisation communiste, fondée en 1954, qui fut au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979. Cette organisation communiste est en fait un mouvement politique et militaire communiste ayant comme principal dirigeant Saloth Sâr plu connu sous le nom de Pol Poth.

Le nom des « Khmers rouges » leur fut attribué par le roi Norodom Sihanouk dans les années 1950 et est utilisé couramment en français à travers le monde.

Les Khmers rouges sont devenus tristement célèbres pour leurs exactions qui sont à l’origine de la mort d’environ 1 700 000 cambodgiens entre 1975 et 1979, soit plus de 20% de la population d’avant 1975.

La prison de Tuol Sleng

Potence Tuol Sleng S21
Potence Tuol Sleng S21

Le musée Tuol Sleng était autrefois une école. Les khmers rouges l’ont transformé en prison, aussi connue sous le nom de S-21 à Phnom Penh.

En 1976, les Khmers rouges avaient posé des palissades de taules, doublées de fils barbelées autour de l’école. Certaines salles de classes servaient de bureau, de salles d’interrogatoires et de tortures, d’autres servaient de cellules où étaient enfermés les prisonniers. Ces derniers attendaient leur tour…

La prison S-21 c’est:
10499 victimes, sans compter les enfants au nombre de 2000.
C’est en 1980 que la prison S-21 fut transformée en un musée. La prison est restée en l’état.
Avant d’être placés en cellule, les prisonniers étaient photographiés. Ces nombreuses photographies recouvrent quelques murs du musée.
Y figurent également dans l’enceinte de l’ancienne prison les règles qui régissaient la prison. En voici quelques unes: “ Si tu désobéis à chaque point de mes règlements, tu auras soit dix coups de fouets, soit cinq électrochocs.”, “ Ne fais pas l’imbécile car tu es l’homme qui s’oppose à la Révolution ”…

Je vous laisse imaginer l’ambiance qui régnait à cette époque…

Mon expérience sur ma visite de Tuol Sleng

Victimes de Tuol Sleng
Victimes de Tuol Sleng

En visitant le Cambodge, il me fallait à tout prix visiter ce musée. Les nombreux livres, vidéos et recherches personnelles existants ne suffisent pas à comprendre ce que le Cambodge a pu subir il y a quelques années en arrière.
J’estime qu’il était indispensable de se rendre sur les lieux pour mieux comprendre l’existence de cette prison. C’est une visite assez émouvante. C’est que ce que la plupart des visiteurs ressentent. Mais elle est devenue pesante pour ma part, car il m’était devenu difficile de supporter le lieu.

Malgré l’horreur de cette époque, le musée est une visite qu’il faut ajouter à son séjour à Phnom Penh.

Ce que j’ai apprécié

  • Le musée nous plonge assez vite dans l’ambiance de l’époque.
  • La traduction de quelques textes en version anglaise et française est fort appréciable quand on n’a pas de guide.
  • Le musée Tuol Sleng est assez émouvant car on se trouve sur un lieu où existait la torture qui a entraîné de nombreux morts y compris de la souffrance toujours présente chez les cambodgiens.
  • Emue par la visite, cela m’a donné envie de m’intéresser davantage à ce régime des Khmers rouges.
    C’est aussi un moyen pour nous de ne pas oublier les atrocités dont sont capables les Hommes et donc de nous donner envie de lutter contre ce genre de pratiques et de barbaries.

Ce que j’ai le moins aimé

  • Quelques touristes pas toujours respectueux.

Visiter le Musée Tuol Sleng

Découvrez avant la visite du musée  Témoignage de Vann Nath pour mieux vous imprégnez de l’ambiance.

Ouvert tous les jours de 8h à 17h.
Tarif: 3 dollars/personne
Adresse: Coin de la rue 113 et de la rue 350
A 4.3 km du Wat Phnom

Mon grand-père a été tué par les khmers rouges mais pas à Tuol Sleng. J’avais besoin de comprendre l’histoire du Cambodge…

Pour en savoir plus sur Tuol Sleng

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Recommandé pour vous:
Prix unitaire
19,30 €
Non disponible pour l'instant

Vann Nath est un des sept rescapés de Tuol Sleng, ce lycée français de Phnom Penh transformé en centre de torture par les Khmers rouges après leur prise de pouvoir en 1975. Rebaptisé « S-21 » et dirigé par le redoutable « Douch », Tuol Sleng symbolise à lui seul la monstruosité (...)

Langue
Français
Format
Book
Nombre de pages
189
Date de publication
23 Janvier 2008
par Nath-V

Vann Nath est un des sept rescapés de Tuol Sleng, ce lycée français de Phnom Penh transformé en centre de torture par les Khmers rouges après leur prise de pouvoir en 1975. Rebaptisé « S-21 » et dirigé par le redoutable « Douch », Tuol Sleng symbolise à lui seul la monstruosité (...)

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23 Janvier 2008
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Quelles sont vos raisons d’aller visiter le musée Tuol Sleng, dites-moi.

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Rattana

Bonjour,Je suis Rattana. Je pars à la découverte de mes origines lao et khmère depuis 2012. Paysages, temples, culture, langue et cuisine locale, il y a toujours quelque chose à découvrir en Asie du Sud Est. Avec mes voyages, j'espère vous donner l'envie de découvrir cette partie du monde accueillante et souriante -

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09 Commentaires

  1. Benoit(novomonde)

    On est ressorti de la visite assez déboussolés… Plus que les atrocités qui ont été commises dans la prison, c’est plus ces 4 années terribles pour le Cambodge prises dans leur ensemble qui nous aura marqué. Comment a-t-il été possible de tuer au travail (ou laisser mourir de faim) autant de personnes en aussi peu de temps? Comment se fait-il que les coupables n’aient toujours pas été condamnés pour leurs méfaits?… On se disait aussi que la majorité des gens que l’on croise dans la rue ont vécu ces atrocités… on regardait les gens autrement en sortant du musée!
    Sur le musée en lui-même, on l’a trouvé bien réalisé… les photos sont poignantes! je trouve tout de même qu’il manque un peu d’explications sur le contexte historique de ce drame…

    08/01/2014 Répondre
    • Rattana

      Les khmers rouges ont été condamnés, il y a eu des procès…

      En fait les gens vivent avec mais ne le montrent pas dans la rue.
      Je me souviens mon père m’évoquait vaguement l’histoire des khmers rouges en citant les atrocités de mon grand-père qui est décédé là bas à cause des khmers rouges. Bien évidemment c’est un sujet douloureux…

      08/01/2014 Répondre
  2. Teaso

    On a souvent tendance à donner Angkor Wat comme l’image du Cambodge qu’on oublie presque son histoire plus récente que l’époque impérial khmer. Tu as absolument raison de parler de Tuol Sleng, comme en Europe, on parle souvent de la 2nde Guerre Mondiale. On réalise à quel point l’être humain peut parfois être cruel et dangereux et que tous ces conflits qui persistent encore aujourd’hui, pourraient mener très loin, jusqu’à provoquer un génocide et c’est la raison pour laquelle il faut absolument éviter de recommencer ces bêtises « humaines ». Quand je suis allée Phnom Penh avec ma famille, c’était moi qui avait proposé à mon père (un peu réticent, car il avait peur de nos réactions) d’y aller et je peux dire que j’ai eu froid dans le dos.

    13/10/2013 Répondre
  3. Laurent

    La visite de S-21 durant mon voyage au Cambodge m’avait pas mal marqué. J’ai souvent tendance à éviter ces lieux mémoriels, car voir les groupes de touristes y défiler m’insupporte. Je n’ai pas visité Auschwitz alors que j’étais à Cracovie pour ça. Mais j’étais allé à S-21 pour essayer de mieux connaitre ces sombres années de l’histoire cambodgienne. Je ne suis pas certain d’avoir d’avantage compris, car comment peut-on comprendre ça, je ne sais pas. Mais ça m’a marqué en tout cas.

    17/09/2013 Répondre
    • Rattana

      Si cette visite ne t’avais pas marqué Laurent, j’en aurai été étonnée. Ce que tu peux déjà comprendre, c’est que l’être humain est capable de tout. On en a eu de nombreuses « démonstrations » dans le monde… Ce musée montre dans quelles conditions vivaient les prisonniers et comment ils allaient être exécutés, ce sont des famille entières qui ont disparu sous le régime des khmers rouges. Il y a bien des choses à comprendre avec ceci.

      17/09/2013 Répondre
    • Philippe

      Pareil que toi, laurent !
      Je suis allé visité le S-21 et suis sorti avec un goût amer dans la bouche. Ai-je fait preuve de voyeurisme ? Mon épouse est cambodgienne. Elle a vécu les sombres années « Khmers Rouges » (je ne pense pas qu’il soit nécessaire de rentrer plus dans le détail). Elle n’a pas voulu m’accompagner à S-21. Les cambodgiens ont une volonté d’oublier toutes les atrocités qu’ils ont vécues. Trop de souffrance …. Le peuple cambodgien d’une manière générale essaie d’aller vers l’avant !

      08/01/2014 Répondre
      • Rattana

        Je suis tout à fait d’accord avec toi Philippe, les Cambodgiens vont en général de l’avant, par contre ma famille m’a accompagné tout de même au musée mais n’a pas fait la visite tout comme ton épouse.
        Merci d’avoir apporté ton témoignage.

        08/01/2014 Répondre

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