Bangkok, connue en thaï sous le nom de Krung Thep Maha Nakhon, est la capitale et la ville la plus peuplée de la Thaïlande. Fondée en 1782 par le roi Rama I, elle s’étend sur 1 569 km² et abrite plus de 9 millions d’habitants. Bangkok est un mélange fascinant de modernité et de tradition, avec ses gratte-ciels, ses centres commerciaux et ses temples anciens. La ville joue un rôle crucial dans l’histoire et la culture thaïlandaises, étant le centre politique, économique et culturel du pays. Ses monuments emblématiques, comme le Grand Palais et le Wat Pho, attirent des millions de visiteurs chaque année.
Les origines de Bangkok
Le village de Bang Makok
Les origines de Bangkok remontent au moins au XVe siècle, lorsqu’elle n’était qu’un modeste village de pêcheurs et de commerçants nommé Bang Makok. Ce nom dérive probablement de « bang » signifiant « village » et « makok », une variété de prune sauvage. Situé dans un méandre du fleuve Chao Phraya, ce petit hameau était stratégiquement positionné pour le commerce fluvial.
La période d’Ayutthaya
Pendant la période d’Ayutthaya (1351-1767), Bang Makok gagna en importance en devenant un poste de douane crucial pour le royaume. La ville d’Ayutthaya, alors capitale du Siam, était l’une des plus grandes et cosmopolites du monde au XVIIe siècle. Bang Makok bénéficia de cette prospérité et de l’afflux de commerçants étrangers.
Le rôle stratégique du site
La position géographique de Bangkok s’avéra déterminante pour son développement. Située à l’embouchure du Chao Phraya, la ville contrôlait l’accès à l’arrière-pays tout en étant protégée des invasions maritimes. Ce site stratégique, combiné à un réseau de canaux, offrait des avantages défensifs et commerciaux uniques qui allaient façonner l’avenir de la cité.
La fondation de la nouvelle capitale
La chute d’Ayutthaya en 1767
En 1767, le puissant royaume d’Ayutthaya, qui avait dominé la région pendant plus de quatre siècles, fut brutalement détruit par les armées birmanes. La ville fut rasée, et ses habitants dispersés, marquant la fin d’une ère glorieuse pour le Siam. Cette destruction laissa un vide politique et économique que le roi Taksin tenta de combler en établissant sa capitale à Thonburi, sur la rive ouest du Chao Phraya.
L’avènement du roi Rama I en 1782
En 1782, le général Chakri monta sur le trône sous le nom de Rama I, inaugurant ainsi la dynastie Chakri qui règne encore aujourd’hui. Rama I décida de déplacer la capitale de Thonburi à la rive est du Chao Phraya, où il fonda la nouvelle ville de Bangkok. Ce choix stratégique visait à mieux protéger la capitale contre les invasions et à faciliter le commerce fluvial.
La construction du Grand Palais
Pour symboliser la grandeur de son nouveau royaume, Rama I ordonna la construction du Grand Palais, un complexe majestueux qui servirait de résidence royale et de centre administratif. Les travaux commencèrent en mai 1782 et, bien que le palais ait subi de nombreuses modifications au fil des ans, il demeure un symbole de la monarchie thaïlandaise. Le Grand Palais abrite également le Wat Phra Kaew, le temple du Bouddha d’Émeraude, l’un des sites les plus sacrés de Thaïlande.
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Le développement urbain sous les premiers rois Chakri
Sous les premiers rois de la dynastie Chakri, Bangkok connut une expansion urbaine significative. Le roi Rama I, fondateur de la dynastie, établit les bases de la ville moderne en construisant des canaux et des routes pour améliorer la défense et le commerce. Les rois suivants, Rama II et Rama III, continuèrent à embellir la ville en construisant de nombreux temples et palais, inspirés par l’architecture d’Ayutthaya. Cette période vit également l’afflux de commerçants chinois, qui contribuèrent à l’essor économique de Bangkok en développant des marchés et des quartiers commerçants prospères.
L’influence occidentale au XIXe siècle
Au XIXe siècle, l’influence occidentale devint de plus en plus marquée à Bangkok. Le roi Mongkut (Rama IV) et son fils Chulalongkorn (Rama V) furent particulièrement ouverts aux idées et technologies occidentales. Rama IV signa le traité de Bowring en 1855, ouvrant le Siam au commerce international et introduisant des innovations telles que la presse à imprimer et les machines à vapeur. Rama V, quant à lui, modernisa l’infrastructure de la ville en construisant des routes, des chemins de fer et des systèmes télégraphiques, tout en adoptant des styles architecturaux européens pour de nombreux bâtiments publics.
Les réformes du roi Rama V
Le règne de Rama V (1868-1910) fut marqué par des réformes profondes qui transformèrent le Siam en un État moderne. Il abolit l’esclavage et le système de corvée, centralisa l’administration en créant des ministères fonctionnels et réorganisa le système judiciaire. Rama V introduisit également l’éducation
Bangkok au XXe siècle : modernisation et défis
La révolution de 1932 et la fin de la monarchie absolue
Le 24 juin 1932, un coup d’État mené par le Parti du Peuple mit fin à 150 ans de monarchie absolue en Thaïlande. Ce coup, presque sans effusion de sang, transforma le pays en une monarchie constitutionnelle, marquant un tournant majeur dans l’histoire politique de Bangkok. La révolution de 1932 permit la création d’une Assemblée nationale et d’un Conseil d’État, introduisant des éléments de démocratie dans le système politique thaïlandais. Cependant, cette période fut également marquée par des tensions entre les factions militaires et civiles, entraînant plusieurs coups d’État et rébellions.
Le boom économique des années 1960-1970
Les années 1960 et 1970 virent un essor économique spectaculaire à Bangkok, transformant la ville en un centre névralgique de commerce et d’industrie. Le développement rapide des infrastructures, notamment les routes, les chemins de fer et les aéroports, facilita le commerce et le tourisme. En 1969, le nombre de passagers transitant par l’aéroport de Don Muang atteignit 1,5 million, contre seulement 225 000 en 1959. Cette période de croissance fut également marquée par une urbanisation rapide et une augmentation des investissements étrangers, en grande partie stimulée par la présence militaire américaine pendant la guerre du Vietnam.
Les transformations urbaines et sociales
La modernisation rapide de Bangkok apporta des défis considérables. L’expansion urbaine entraîna des problèmes de logement, de transport et de pollution. Les quartiers historiques furent souvent négligés au profit de nouveaux développements commerciaux et résidentiels. La population de Bangkok passa de 1,8 million à 3 millions dans les années 1960, exacerbant les inégalités de revenus et provoquant une migration massive des zones rurales vers la ville. Malgré ces défis, Bangkok continua de se développer, devenant un centre financier et culturel majeur en Asie du Sud-Est.

